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Argentine. Résurrection
économique
8 novembre 2011 à 00:00
grand angle Libéré de l’emprise du FMI, le pays est
passé, en dix ans, de la faillite à une croissance digne de la Chine.
Un succès encourageant mais encore fragile.
Par GÉRARD
THOMAS Envoyé spécial à Buenos Aires
Diego
Avila s’est écroulé sur la chaussée de Villa Fiorito, une localité de la
province de Buenos Aires qui empile les maisonnettes de briques et de tôles à
flanc de colline. Une balle de 9 millimètres vient de lui fracasser le
crâne. En compagnie d’une poignée de pillards, il tentait de mettre à sac une
petite épicerie de son quartier.
Ce matin
du 19 décembre 2001, les policiers présents sur les lieux jurent qu’ils
ont vu le propriétaire du magasin tirer sur le groupe du haut d’une terrasse
voisine. Ils ne sont pas intervenus. A quelques jours de Noël, l’Argentine est
alors à feu et à sang. Buenos
Aires, Rosario, Cordoba, Santa Fe, Mendoza, toutes les grandes villes sont
confrontées à des émeutes de la faim. Le pays, qui a subi de plein fouet les
politiques néolibérales des années 90, est exsangue. Les privatisations
d’entreprises publiques ont laissé des centaines de milliers de travailleurs
sur le carreau. Le maintien d’une illusoire parité, à un pour un, entre le peso
et le dollar a pénalisé les exportations nationales et la monnaie locale finit
par être dévaluée de 70%, ruinant des milliers de petits épargnants. Le
Produit intérieur brut (PIB) est en chute libre, le déficit public un puits
sans fond. L’inflation flirte avec les 125% annuels et l’insupportable
dette extérieure - 72 milliards d’euros - plombe toute velléité de
reprise.
Etat de
siège
Le Fonds
monétaire international (FMI) va lâcher les Argentins et leur refuser un
nouveau crédit. Les retraits d’argent dans les banques sont plafonnés. L’état
de siège est décrété. Mais place de Mai, en plein centre de Buenos Aires, le
flot incessant de manifestants scande : «Bandes d’abrutis, votre état de
siège, vous pouvez vous le mettre au cul !» Ailleurs dans les rues de la
capitale, les manifestants en furie crient à l’encontre de la classe politique
: «Qu’ils s’en aillent tous !» Le président radical Fernando De la Rúa
est contraint à la démission, le 21 décembre. Il quitte le palais
présidentiel en hélicoptère. En deux semaines, cinq présidents vont se succéder
à la Casa Rosada, l’Elysée local, et des affrontements feront au moins
38 morts et des centaines de blessés.
Dix ans
plus tard, une Argentine transfigurée affiche une arrogante santé. La
croissance flirte avec les 8% annuels, le chômage tombe à moins de 8%
de la population active et le service d’une dette extérieure restructurée
n’occulte plus le développement. Une grande partie du parc automobile a été renouvelée
et la classe moyenne fait à nouveau la queue dans les centres commerciaux pour
s’offrir GPS, appareils photos numériques et écrans plats dernier cri. Les «Portenos»
(habitants de Buenos Aires) pianotent sur le dernier joujou à la mode : un
téléphone Blackberry qu’ils exhibent comme un signe de réussite, avant de se
précipiter dans les restaurants pour vanter leurs vacances à Miami ou en
Europe.
Dix millions d’Argentins (sur plus de quarante millions)
vivent toujours dans le plus grand dénuement, mais la relance a quand même
profité aux plus déshérités. Leur consommation balbutiante est portée par les
multiples programmes d’aides sociales mis en œuvre par les gouvernements de
Néstor Kirchner (2003-2007), puis de sa femme Cristina : allocations familiales,
subventions aux services publics et aux produits alimentaires, augmentation
régulière des salaires et des retraites, construction d’habitations, grands
travaux, distribution d’ordinateurs aux élèves défavorisés…
Un
véritable protectionnisme frontalier a par ailleurs été développé, pour éviter
toute concurrence étrangère directe aux produits manufacturés «Hecho en
Argentina» (fait en Argentine), tandis que la Présidente enchaîne les
inaugurations de bâtiments publics, d’hôpitaux ou de pôles technologiques
financés par l’Etat. «Un incroyable chemin a été parcouru, se félicite
Ignacio De Mendiguren, président de l’Union industrielle argentine (UIA). En
2001, nous importions du maïs français ou des pamplemousses israéliens.
Aujourd’hui, nous consommons argentin et nous exportons de tout, y compris des
satellites et des logiciels informatiques.»
L’un des
principaux artisans du «miracle» économique argentin préside aux destinées de
l’Institut d’études appliquées (Ideas), une fondation spécialisée dans la prospective
économique. Dans son bureau situé en plein centre de Buenos Aires, Roberto
Lavagna - ex-ministre de l’Economie des présidents péronistes Eduardo Duhalde
(2002-2003) puis Nestor Kirchner - n’y va pas par quatre chemins. «Dès mon
entrée en fonction, en avril 2002, j’ai décidé de changer radicalement
notre manière de penser la crise, affirme-t-il dans un sourire. Le mois
suivant, j’étais à Washington pour expliquer aux dirigeants du FMI que nos
rapports allaient s’en ressentir. Depuis le début du marasme économique,
en 1998, nous avions déjà obtenu deux programmes d’aide du FMI pour un
total de 51 milliards d’euros : deux échecs retentissants. Je n’ai pas
demandé un centime de plus. Je me suis simplement engagé à payer les intérêts
de la dette et une partie du capital, mais pas tout et pas tout de suite.»
«Sortie
de crise»
De fait,
l’Argentine fait défaut, arrête de soutenir les banques étrangères et
nationales en difficulté, puis s’engage dans un bras de fer avec le FMI et ses
principaux créanciers. «Les sorties de crise se font en dehors des chemins
tracés par le FMI, assure Lavagna. Cette institution propose toujours le
même type de contrat d’ajustement qui consiste à diminuer l’argent qu’on donne
aux gens - les salaires, les retraites, les aides publiques, mais également les
grands travaux publics qui génèrent de l’emploi - pour consacrer l’argent
économisé à rembourser les banques. On préfère sauver le système financier
plutôt que les personnes qui ont des crédits immobiliers à rembourser. On
oublie simplement que des gens ruinés ne consomment pas, ce qui obère une
relance par la consommation. C’est absurde !»
Lavagna
dresse un parallèle entre la situation de l’Argentine en 2002 et celle de
la Grèce aujourd’hui. Selon lui, au plan économique, le cas est «semblable»,
essentiellement au regard d’un «taux de change fixe qui ne peut qu’engendrer
une crise lorsqu’il associe des pays à forte productivité et d’autres dont la
compétitivité est beaucoup plus faible». Mais également en comparant
l’ampleur du désastre : le déficit fiscal, celui des comptes courants, la chute
vertigineuse du PIB, l’endettement, l’explosion du chômage. «Toutes les grandes
données macro-économiques de la Grèce sont dans le rouge, comme elles l’étaient
en Argentine», souligne Roberto Lavagna. Seul point positif à ses yeux, la
Grèce fait partie de l’Europe qui ne devrait pas «la laisser tomber». Il
suggère à Athènes d’arrêter de sombrer dans les plans d’austérité, d’investir
dans l’éducation, les sciences et la technologie et de financer des
infrastructures, notamment touristiques, qui lui permettraient de récupérer une
certaine productivité.
Reste que
l’Argentine bénéficiait de beaucoup plus d’atouts que la Grèce. Cet immense
pays agricole a profité de l’envolée des cours des matières premières. Après la
viande et le blé, qui ont tiré la croissance au milieu du siècle dernier, c’est
le soja transgénique qui constitue le nouvel eldorado vert. «Sur
33 millions d’hectares consacrés aux cultures de grain, le soja s’impose
avec quelque 19 millions d’hectares plantés, contre 7 millions pour
le blé et 3 millions pour le maïs», souligne Gustavo Grobocopatel,
président de Los Grobos Agropecuaria. Son entreprise à capitaux familiaux
exploite 280 000 hectares en Argentine, au Brésil et en Uruguay et exporte
plus de 3,2 millions de tonnes de grains par an, dont 750 000 tonnes
de soja à destination de la Chine. «L’Inde et la Chine sont devenus de
fabuleux débouchés pour nos productions et la demande y est pour l’heure
insatiable. Le gouvernement a eu raison de stimuler la demande interne pour
rétablir la croissance mais il a également pu compter sur l’excellente santé
financière de notre filière.»
Des
nuages à l’horizon
Le boom
économique argentin après la crise de 2001-2002 a, en effet, été en grande
partie soutenu par un soja passé d’environ 170 euros la tonne en 2002, à
500 euros il y a quelques semaines. Un vrai jackpot pour l’Etat qui
prélève 35 % de taxes sur chaque tonne de grain exportée. Fin 2011,
et pour les seules 45 millions de tonnes de soja exportées, c’est quelque
5,6 milliards d’euros qui tomberont dans l’escarcelle gouvernementale.
D’autant que la dévaluation de 2002 a rendu encore plus compétitifs les
produits d’une Argentine qui s’est hissée à la première place mondiale des
exportateurs de farine et d’huile de soja et qui reste le deuxième exportateur
de maïs et le cinquième de blé.
Pourtant,
les détracteurs du gouvernement pointent les nuages qui, selon eux,
s’accumulent sur cette oasis économique. D’abord, la récession mondiale
pourrait affecter les belles performances commerciales orientées
essentiellement vers l’Inde et la Chine en surchauffe. Ensuite, l’inflation menace
avec des chiffres réels plus proches des 23 % annuels que des 10
% annoncés par les instituts gouvernementaux, et quelque 13 milliards
d’euros auraient quitté l’Argentine ces neuf derniers mois pour se réfugier
sous des cieux plus propices. L’Argentine est, par ailleurs, toujours en
négociation pour épurer un passif de 5 milliards d’euros avec ses
créanciers du Club de Paris, et son «défaut» d’il y a dix ans lui vaut
d’être maintenue à l’écart des marchés financiers internationaux.
«L’Argentine
n’est pas une fête permanente et ne pourra pas maintenir ces résultats en
trompe-l’œil, prévient
Domingo Cavallo, ex-tout puissant ministre de l’Economie de Fernando De la Rúa.
L’inflation, la fuite des capitaux et l’augmentation des dépenses publiques
de l’ordre de 35 % par an promettent des lendemains qui déchantent».
Cristina Kirchner, réélue pour un bail de quatre ans le 23 octobre,
semble avoir senti le vent venir. La semaine dernière, son
gouvernement annonçait la suppression de certaines subventions allouées aux
secteurs de l’énergie et des transports ainsi qu’un strict contrôle des
changes.
Gran angular Liberado de la influencia del FMI, el país pasó, en diez años, de la quiebra a un crecimiento digno de la China. Un éxito alentador pero también frágil.
Por Gérard Thomas Enviado especial en Buenos Aires
Diego Avila se derrumbó sobre la calzada de Villa
Fiorito, una localidad de la provincia de Buneos que apila las casitas de
ladrillo y de chapas a dos aguas. Una bala de 9 milímetros acaba de estrellarse
en el cráneo. En compañía de un puñado de ladrones, él intentaba saquear un
pequeñoo almacén de su barrio.
Esta mañana del 19 de diciembre de 2001, los
polícías presentes en el lugar juran que ellos vieron al propietario del
negocio tirarle al grupo de lo alto de una terraza vecina. Ellos no intervinierosn.
A algunos días de Navidad, la Argentina está entonces a fuego y sangre. Buenos
Aires, Rosario, Córdoba, Santa Fe, Mendoza, todas las grandes ciudades están
confrontadas con motines de hambre. El país, que sufrió de lleno el azote de
las políticas neoliberales de los años 90, está sin fuerza. Las privatizaciones
de empresas públicas dejaron cientos de miles de trabajadores fuera de combate.
El mantenimiento de una ilusoria paridad, de uno a uno, entre el peso y el
dólar penalizó las exportaciones nacionales y la moneda local termina por ser
devaluada un70 %, arruinando a miles de pequeños ahorristas. El Producto bruto
interno (PBI) está en caída libre, el déficit público un pozo sin fondo. La
inflación flirtea con el 125% anual y la insoportables deuda externa -72 mil
millones de euros- compromete toda
veleidad de recuperación.
Estado de sitio
El Fondo monetario internacionanl (FMI) va a
abandonar a los Argentinos y les rechaza un nuevo crédito. Los retiros de
dinero en los bancos tendrán un límite. El estado de sitio es decretado. Pero en
la plaza de Mayo, en pleno centro de Buenos Aires, la afluencia incesante de
manifestantes canta “Manga de brutos, al estado de sitio se lo puedent meter en
el c…! “ En otras partes en las calles de la capital, los manifestantes que
huyen gritan en contra de la clase política: “¡Que se vayan todos!” El
presidente radical Fernando De la Rúa
está obligado a renunciar, el 21 de diciembre. Él abandona el palacio
presidencial en helicóptero. En dos semanas, cinco presidentes van a sucederse
en la Casa Rosada, el Eliseo local, y los enfrentamientos provocarán al menos
38 muertos y cientos de heridos.
Diez años más tarde una argentina transfigurada hace
alarde de una arrogante salud. El crecimiento flirtea con el 8% anual, el
desempleo cae a menos de 8% de la población activa y el servicio de una deuda
externa reestructurada no oculta más el desarrollo. Una gran parte del parque
automotor fue renovado y la clase media hace nuevamente la cola en los centros
comerciales para ofrecerse GPS, cámaras de fotos digitales y pantállas planas último
grito. Los “Porteños” (habitantes de Buenos Aires) teclean el último juguete de
moda: un teléfono Blackberry que ellos exhiben como un signo de éxito, antes de
precipitarse en los restaurantes para jactarse de sus vacaciones en Miami o en
Europa.
Diez millones de Argentinos (entre más de cuarenta
millones) siguen viviendo en la mayor indigencia, pero la recuperación
benefició de todos modos a los más desfavorecidos, Su consumo es sostenido por los múltiples programas de
ayuda social puestos en marcha por los gobiernos de Néstor Krchner (2003-2007)
luego de su esposa Cristina : subsidios familiares, subvenciones a los servicios públicos y a los
productos alimenticios, aumento regular de los salarios y de las jubilaciones,
contrucción de viviendas, obras viales, distribución de computadoras a los
alumnos desfavorecidos
Un
verdadero proteccionismo fronterizao se desarrolló por otra parte, para evitar
toda competencia extranjera directa con los productos manufacturados “Hecho en
Argentina”, mienetras que la Presidente prosigue con las inauguraciones de
edificios públicos, hospitales o polos tecnoló0gicos financiados por el Estado.
“ Un increíble camino fue recorrido, se felicita Ignacio De Mendiguren,
presidente de la Unión industrial argentina (UIA). En 2001, nosotros
importábamos maíz francés o pomelos israelíes. Hoy, consumimos argentino y
exportamos de todo, incluso satélites y programas informáticos.”
Uno de los principales artesanos del « milagro » económico argentino dirige el Instituto de estudios aplicados (Ideas), una fundación especializada en la prospectiva económica. En su despacho situado en pleno centro de Buenos aires, Roberto Lavagna – ex ministro de Economía de los presidentes peronistas Eduardo Duhalde (2002-2003) luego Nestor Kirchner – no anda con rodeos. “Desde mi llegada al ministerio en abril de 2002, decidí cambiar radicalmente nuestra manera de pensar la crisis, afirma con una sonrisa. Al mes siguiente, estaba en Washington para explicar a los dirigentes del FMI que nuestras relaciones iban a resentirse. Desde el inicio del marasmo económico, en 1998, habíamos ya obtenido dos programas de ayuda del FMI por un total de 51 mil millones de euros : dos fracasos ruidosos. Yo no pedí un céntimo de más. Me comprometí a pagar los intereses de la deuda y una parte del capital, pero no todo y no inmediatamente.
Uno de los principales artesanos del « milagro » económico argentino dirige el Instituto de estudios aplicados (Ideas), una fundación especializada en la prospectiva económica. En su despacho situado en pleno centro de Buenos aires, Roberto Lavagna – ex ministro de Economía de los presidentes peronistas Eduardo Duhalde (2002-2003) luego Nestor Kirchner – no anda con rodeos. “Desde mi llegada al ministerio en abril de 2002, decidí cambiar radicalmente nuestra manera de pensar la crisis, afirma con una sonrisa. Al mes siguiente, estaba en Washington para explicar a los dirigentes del FMI que nuestras relaciones iban a resentirse. Desde el inicio del marasmo económico, en 1998, habíamos ya obtenido dos programas de ayuda del FMI por un total de 51 mil millones de euros : dos fracasos ruidosos. Yo no pedí un céntimo de más. Me comprometí a pagar los intereses de la deuda y una parte del capital, pero no todo y no inmediatamente.
« Salida de la crisis »
De hecho, la Argentina falta, deja de sostener a los bancos
extranjeros y nacionales en dificultad, luego se compromete férreamente con el
FMI y sus principales acreedores. “las salidas de crisis se hacen fuera de los
caminos trazados por el FMI, asegura Lavagna. Esta institución propone siempre
el mismo tipo de contrato de ajuste que consiste en disminuir el dinero que se
le da a la gente – salarios, jubilaciones, ayudas públicas, mais también a las
grandes obras públicas que generan empleo
– para consagrar el dinero ahorrado a pagarles a los bancos. Prefieren salvar
al sistema financiero antes que a las personas que tienen créditos inmobiliarios
para pagar. Se olvidan simplemente que la gente arruinada no consume, lo que
disminuye una recuperación por el consumo.
Nubes en el
horizonte
El boom económico argentino después de la crisis de 2001-2002, en efecto, fue en gran parte sostenido por una soja que pasó de alrededor de 170 euros la tonelada en 2002, a 500 euros hace algunas semana. Un verdadero bingo para el estado que retiene 35% de tasa sobre cada tonelada de grano exportada. En 2011, y por las únicas 45 millones de toneladas de soja exportadas, son unos 5,6 mil millones de euros que caerán en la bolsa gubernamental. Tanto más cuanto que la devaluación de 2002 , volvión aún más competitivos los productos de una Argentina que se izó en la primera plaza mundial de los exportadores de harina y de aceite de soja y que sigue siendo el segundo exportador de maíz y el quinto de trigo.
Sin embargo los detractores del gobierno destacan las nubes que, según ellos, se acumulan sobre este oasis económico. En primer lugar, la recesión mundial podría afectar los hermosos rendimientos comerciales orientados esencialmente hacia la India y la China en recalentamiento. Luego la inflación amenaza con cifras reales más próximas al 23% anuales que al 10% anunciados por los institutos gubernamentales, y unos 13 mil millones de euros habrían abandonado a la Argentina estos nueve meses últimos para refugiarse debajo de los cielos más propicios. La Argentina está , por otra parte, siempre en negociaciones para depurar un pasivo de 5 mil millones de euros con sus acreedores del Club de París, y su “incumpliimiento” de hace diez años le vale seguir aislada de los mercados financieros internacionales.
“La Argentina no es una fiesta permanente y no podrá mantener estos resultados engañosos, previene Domingo Cavallo, ex todopoderoso ministro de Economía de Fernando De la Rúa. La inflación, la huída de capitales y el aumento del gasto público del ordent de 35% por año prometen un futuro que desengaña”.
Cristina Kirchner, reelegida por un término de cuatro años el 23 de octurbre, parece haber sentido venir el viento. La semana pasada, su gobierno anunciaba la supresión de ciertas subvenciones asignadas a los sectores de energía y de transportes así como un estricto contro del cambio.
PATRICIA TORRES
TRADUCCIONES Y SERVICIOS FRANCE
Lavagna establece un paralelo entre la situación de la
Argentina en 2002 y la de Grecia hoy. Según él, en el plano económico, el caso
es “parecido”, esencialmente con relación a una “tasa de cambio fija que no
puede más que engendrar una crisis cuando ésta asocia países de fuerte
productividad y otros cuya competitividad es mucho más débil”. Pero también al
comparar la amplitud del desastre : el déficit fiscal, el de las cuentas
corrientes, la caída vertiginosa de PBI, el endeudamiento, la explosión del
desempleo. Los prinicpales datos
macroeconómicos de Grecia están en rojo, como lo estaban en Argentina”, suraya
Roberto Lavagna. El único punto positivo según él, Grecia forma parte de la
Europa que no debería “dejarla caer”. Él sugiere a Atenas dejar de hundirse con
los planes de austeridad, invertir en la educación, las ciencias y la
tecnología y financiar infraestructura, particularmente turística, que le
permitirían recuperar cierta productividad.
No deja de ser
cierto que la Argentina disfrutaba de muchas más ventajas que Grecia. Este
inmenso país agrícola aprovechó el alza explosiva de la cotización de las
materias primas. Después de la carne y el trigo, que crecieron a mediados del
siglo pasado, es la soja transgénica que constituye el nuevo paraíso
verde. “De 33 millones de hectáreas
destinadas a los cultivos de grano, la soja se impone con unos 19 millones de
hectáreas plantadas, contra 7 millones para el trigo y 3 millones para el maíz”
subraya Gustavo Grobocopatel, presidente de Los Grobos Agropecuaria. Su empresa
de capitales familiares explota 280.000 hectáreas en Argentina, en Brasil y en
Uruguay y exporta más de 3,2 millones de toneladas de granos por año, de los
que 750.000 toneladas son de soja con destino a China. India y China se
transformaron en fabulosos mercados de salida para nuestros productos y la demanda es por el momento insaciable. El
gobierno tuvo razón en estimular la
demanda interna para restablecer el crecimiento pero pudo también contar con la excelente salud financiera de nuestro
sector.”
El boom económico argentino después de la crisis de 2001-2002, en efecto, fue en gran parte sostenido por una soja que pasó de alrededor de 170 euros la tonelada en 2002, a 500 euros hace algunas semana. Un verdadero bingo para el estado que retiene 35% de tasa sobre cada tonelada de grano exportada. En 2011, y por las únicas 45 millones de toneladas de soja exportadas, son unos 5,6 mil millones de euros que caerán en la bolsa gubernamental. Tanto más cuanto que la devaluación de 2002 , volvión aún más competitivos los productos de una Argentina que se izó en la primera plaza mundial de los exportadores de harina y de aceite de soja y que sigue siendo el segundo exportador de maíz y el quinto de trigo.
Sin embargo los detractores del gobierno destacan las nubes que, según ellos, se acumulan sobre este oasis económico. En primer lugar, la recesión mundial podría afectar los hermosos rendimientos comerciales orientados esencialmente hacia la India y la China en recalentamiento. Luego la inflación amenaza con cifras reales más próximas al 23% anuales que al 10% anunciados por los institutos gubernamentales, y unos 13 mil millones de euros habrían abandonado a la Argentina estos nueve meses últimos para refugiarse debajo de los cielos más propicios. La Argentina está , por otra parte, siempre en negociaciones para depurar un pasivo de 5 mil millones de euros con sus acreedores del Club de París, y su “incumpliimiento” de hace diez años le vale seguir aislada de los mercados financieros internacionales.
“La Argentina no es una fiesta permanente y no podrá mantener estos resultados engañosos, previene Domingo Cavallo, ex todopoderoso ministro de Economía de Fernando De la Rúa. La inflación, la huída de capitales y el aumento del gasto público del ordent de 35% por año prometen un futuro que desengaña”.
Cristina Kirchner, reelegida por un término de cuatro años el 23 de octurbre, parece haber sentido venir el viento. La semana pasada, su gobierno anunciaba la supresión de ciertas subvenciones asignadas a los sectores de energía y de transportes así como un estricto contro del cambio.
PATRICIA TORRES
TRADUCCIONES Y SERVICIOS FRANCE